Les mises en boîte de Marie Van de Walle

L’exposition Cultures Sauvages de Marie Van de Walle prend racine au FRAC Picardie à Amiens du 14 janvier 2022 au 26 février 2022.
Proposant une fiction utopique qui inverse les valeurs grâce à une exposition évolutive, la plasticienne fait dialoguer le vivant dans ses différentes réalités et rend visible l’invisible.

Cette exposition a pour matière première l’agar-agar. Comment est née l’idée de travailler avec cette matière ?
Marie Van de Walle : J’ai pu bénéficier d’une résidence grâce au réseau 50° Nord, qui est un réseau transfrontalier d’art contemporain. J’ai été sélectionnée par l’Université de Lille et le FRAC Picardie.

Vous êtes photographe…
Du tout, je suis plasticienne. Je viens de finir les Beaux-Arts de Bruxelles.  L’idée, avec cette résidence, était de passer quelques jours dans des laboratoires de l’université de Lille et d’en faire une restitution au FRAC Picardie. Me voici donc avec Cultures Sauvages

Les micro-organismes dans leur boîte de Pétri
© Marie Van de Walle

Quelle démarche as-tu adoptée pour ce travail ?
Je travaille la matière. J’ai fait des recherches sur les biomatériaux, notamment l’agar-agar. Je suis donc allée dans les laboratoires de Ségolène Arnauld, qui est une  ingénieure plateforme technologique agro-alimentaire de Polytech Lille, et de Caroline Rambaud,  qui est une chercheuse en biologie végétale et une maîtresse de conférence à l’Institut Charles Viollette.
Je suis allée les voir et je me suis aperçue qu’elles travaillaient aussi l’agar-agar. Elles l’utilisent en gelée pour leur milieu de culture. Cette matière est notre trait commun même si nos utilisations respectives sont radicalement différentes. Nous avons évoqué l’arrivée des bactéries dans ces boîtes de Petri. J’ai traduit leur pratique dans ces boîtes. Les scientifiques font tout pour ne pas voir apparaître ce qu’ils appellent des contaminations. Moi, c’est tout ce qui m’intéresse !
Je voulais montrer de manière objective ces micro-organismes. J’ai laissé se développer pendant deux semaines des bactéries dans des boîtes de Petri dans lesquelles j’avais mis des plantes. C’est à ce moment que le médium photographique intervient. 

C’est ce que nous pouvons voir sur ces photographies ?
Exactement. Un carnet accompagne l’exposition et permet de connaître ces différentes plantes. Les bactéries qui les accompagnent sont fondamentales pour elles car certaines d’entre-elles ont des impacts très positifs.
Cette exposition est aussi un travail de sensibilisation du vivant.

Il y a des oeuvres du FRAC.
Oui, il y a des oeuvres de José María Sicilia. C’est un artiste espagnol qui a un travail très intéressant sur la nature. Le dialogue entre son travail et le mien était assez évident.

Comment s’est faite cette sélection ?
Je me suis promenée dans le fonds du FRAC qui avait fait une pré-sélection. 

Il y a aussi des tambours à broder.
Oui, j’ai beaucoup travaillé sur le textile. Je viens des arts textiles. Je voulais faire un clin d’oeil à la broderie où les motifs végétaux sont assez courants. J’ai mis en culture ces micro-organismes et fait sécher ces tambours.

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