En Iran avec Megan Laurent

Déconfiner, c’est bien. Déconfiner en regardant des photographies, c’est encore mieux. A Amiens, on peut réussir ce déconfinement en visitant l’exposition Vues Persanes de Megan Laurent à L’Annexe (Maison d’Hôtes – 12 rue Millevoye – Amiens) du 04 au 28 juin 2020.
Entretien avec cette artiste amiénoise dont le regard photographique est une ode au voyage.

Entrons directement dans le sujet… Quelle est l’histoire globale de ces photos ? Quand ont-elles été prises ? Dans quel but ?
Megan Laurent : Les photographies exposées ont toutes été réalisées en Iran, pendant plusieurs mois, en 2017. Suite à l’obtention d’une bourse de la région des Hauts-de-France, pour réaliser une résidence artistique, où j’ai crée deux installations pour le C.C ART SPACE (centre d’art contemporain). Durant mes voyages, d’Ispahan, jusqu’au Golfe Persique et en passant par Téhéran, j’ai pris mon appareil photo avec moi, pour témoigner de mon voyage. Il n’y avait pas vraiment de but, juste l’envie de faire des images. Puis en rentrant et en les montrant à mes proches je leur permettais de découvrir une autre facette de l’Iran, éloignée des représentations médiatiques actuelles. J’ai voulu ensuite partager ces paysages, ces visages et ces couleurs à d’autres publics.

 
Quelle est l’histoire de la photo qui a été utilisée pour faire le visuel de l’affiche ?

Lors de mon premier voyage en Iran, à Ispahan, je me suis rendue dans un restaurant traditionnel. J’étais accompagnée d’une ami artiste pour déjeuner, il était tard, nous étions seules à l’exception de ce couple au fond de la salle.  Je ne parvenais pas à photographier les personnes dans la rue, car elles pouvaient parfois être réfractaires, en fonction des régions. Il peut être également rare de voir les couples d’amoureux proches dans l’espace public. Cette jeune femme a profité de ce moment de solitude dans ce restaurant, pour glisser sa main sur la nuque de son bien-aimé. J’ai trouvé ça très beau, je me suis retournée, j’ai shooté et j’ai pu conserver ce souvenir. 

Quel rapport entretiens-tu avec la photographie ? Quand t’es-tu mise à la photographie ?
Vues Persanes est un projet éloigné de ma pratique habituelle,  je réalise depuis environ 10 ans un projet photographique centré sur l’autoportrait. Ce travail va se concrétiser dans l’élaboration d’un livre qui réunit mes images et mes textes également. Je me suis mise à la photographie autour de 20 ans.  Je shoote par pulsion et désir et ce sentiment ne m’a pas quitté. Je qualifie mon projet d’autoportrait d’existentiel, afin d’illustrer ce besoin de l’image et de travail sur soi, pour mieux apprendre à se connaître. 

Quel matériel utilises-tu ?
Un appareil photo hybride, pour une meilleure prise en main, car léger et pour pouvoir shooter rapidement lors de mes escapades. 

Pourquoi exposer ce travail ?
Vues Persanes a déjà été exposée dans des centres culturels et le sera encore en 2020 et 2021. Je désirais exposer cette fois-ci dans un lieu plus intime et plus convivial, comme l’Annexe : une maison d’hôtes qui a cœur d’exposer des artistes et notamment des images sur le voyage.  Après ces mois de confinement cette initiative est d’autant plus appréciable pour les publics et les artistes. De surcroît, je n’ai pas exposé à Amiens depuis 5 ans, cette exposition, c’est comme un “retour à la maison”. A Amiens, ma ville depuis 10 ans. 

TOP 05 Amiens

01) Ta rue amiénoise préférée ?
Ce n’est pas une rue mais le chemin du halage au petit matin ou au coucher du soleil.

02) L’endroit d’Amiens que tu préfères photographier ?
Le cimetière de la Madeleine pour ses 18 hectares et ses tombes d’époque. 

03) Ton bar amiénois préféré ?
En fonction de mon humeur : pour voir des expos le Café, pour les concerts la Taverne Electrik, pour l’ambiance le Goodness et pour le choix des bières le Délirium. A Amiens, il y a en a pour tous les goûts.   

04) Le meilleur concert que tu as-vu à Amiens ?
La découverte de Voyou, au saxophone lors du FAEP’STIVAL au Coliséum.

 


 5) Ton Amiénois préféré ?
Rachid Boukharta, un ami artiste peintre qui a toujours vécu à Amiens et que j’ai rencontré en ici, en faculté. J’invite les amiénois à découvrir ou re-découvrir son travail tout en couleurs et en arabesques. 

Pour participer au vernissage et respecter les règles de distanciation sociale, vous pouvez vous inscrire via ce lien.
Le travail de Megan Laurent est disponible sur son site officiel.
Les deux photographies de cet article sont signées Megan Laurent et sont sa propriété.

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