Et FRAC !

Depuis juin 2020, Pascal Neveux est le nouveau directeur du FRAC Picardie, Il arrive tout droit de Marseille ….
J’arrive de Marseille effectivement, où je suis resté 14 ans et j’avais déjà tenu un FRAC en Alsace, à Sélestat de 1999 à 2006 et je suis arrivé à Marseille en 2006 pour construire le nouveau bâtiment , il y avait un projet de FRAC d’une nouvelle génération, ça a prit quelques années puis il y a eu
capitale européenne de la culture et manifesta. Et voilà , après 14 ans à Marseille me voilà de retour à Amiens.

Pascal Neveux © Clément Foucard


De retour ?
Quand je dis de retour, c’est parce que j’ai passé mon enfance jusqu’à mes 25 ans du côté de Chantilly, c’est un retour en Picardie ou j’ai fais mes études jusqu’au BAC.

Vous connaissiez le FRAC Picardie ?
Je connaissais le FRAC, d’autant mieux que c’est le premier que j’ai visité. J’étais encore étudiant en histoire de l’art à Paris et le premier FRAC que j’ai découvert, c’était celui là. Et ayant passé plus d’une vingtaine d’années à la direction d’un FRAC et aussi en tant que président de l’association des directeurs de FRAC, je le connaissais et surtout je connaissais la qualité de sa collection. Quand on entre dans les bâtiments du FRAC Picardie on s’aperçoit, pour ceux qui connaissent déjà le lieu, qu’il y a un début de changement, de nouveaux aménagements.

Quelle est l’idée derrière cette nouvelle organisation de l’espace ?
L’idée est très simple sur le papier, c’est vraiment de relancer la dynamique du FRAC et de la relancer sur un modèle un peu atypique, de revenir aux fondamentaux, dans une logique d’accueil, de point de rencontres, de camp de base, pour en faire vraiment un lieu de vie avec les artistes, les
acteurs culturels, à l’échelle d’Amiens métropole, à l’échelle bien évidemment régionale et d’être un contrepoint sur la partie sud de la région. Avec une dynamique ou l’exposition et l’acquisition
font évidement partie du parcours et de l’accompagnement que l’on donnera aux artistes et pas uniquement. Il y aura une dimension de lieu ressource avec un espace d’exposition qui se transforme en espace de travail, de documentation, de recherche, de visibilité aussi au travers d’
un coin magasin et édition, micro édition, fanzines, permettant de valoriser la scène artistique régionale et être dans cette dynamique de rapprochement.

Il y a t il aussi derrière cette idée de diffusion , la possibilité d’éditer des multiples, des estampes, des sérigraphies, …?
Oui il y a vraiment cette idée de faire un état des lieux des ressources, des structures d’édition en région, de le favoriser , parce que les artistes sont assez friands de ce genre de dynamique et de projet. Le public aussi, on a monté deux festivals à Marseille, un autour de la micro édition et l’autre autour du fanzine et chaque fois sur le temps d’un w e c’était un succès public énorme. C’est un territoire où il y a beaucoup d’inventivité et de choses à faire. Ça fait vraiment partie du projet de se dire, la documentation est un élément clé avec la collection du FRAC, avec plus de 15000 références, qui est vraiment un outil qui a besoin de trouver un public encore plus large mais aussi cette dynamique d’édition, de micro édition, de production, voir d’accompagnement de certains artistes sur la réalisation de multiples et que ce soit vraiment pensé comme un espace de recherche et que ce soit à chaque fois une aventure expérimentale.



Qui dit FRAC dit art contemporain, et l’image souvent qu’une grande partie du public a de l’art contemporain, c’est une image d’élitisme, de « on ne comprend pas », « il faut les codes », etc. Comment faire pour faire changer ce regard ?
C’est un travail de longue haleine, on va poursuivre un travail d’éducation artistique et culturel. C’est une mobilisation de Beaucoup d’acteurs différents et pas seulement du monde de la culture et c’est surtout pour nous l’occasion de mettre en place des projets qui soient fédérateurs au près
de publics très différents. Aussi s’intéresser aux démarches amateurs surtout autour de la pratique du dessin où il y a un véritable intérêt , de croiser les publics et d’être là aussi un lieu d’accueil pour un public inter générationnel et d’être dans un échange ne cherchant pas à convaincre que
l’art contemporain est formidable et que tout est bien mais au contraire de donner un certain nombre de clés de lecture et surtout générer de la curiosité, du débat, de l’échange. Favoriser les rencontres avec les artistes et les œuvres. Aussi, on créé une société des amis du frac qui va se construire avec un programme d’activités, de rencontres d’artistes, de visites d’ateliers, de visites de collections.

L’espace d’exposition a été réduit, il y aura toujours des expositions, des événements ?
En fait on a complètement revu l’espace depuis le mois de juin, pour que celui-ci vive, avec des ateliers, sous des formats très différents, d’accueil, de médiation, de formation. D’accueil aussi d’autres structures culturelles. Ca nous allons le dynamiser tout au long de l’année autour de thématiques qui sont globalement, art contemporain et ruralité, dimension écologique,
environnementale, en faisant venir un certain nombre de chercheurs, d’intervenants qui ne seront pas obligatoirement que des artistes mais vraiment toute une sphère d’intervenants assez large et
qui sera toujours accompagné d’une exposition.
Il y a déjà un temps fort qui se dessine qui serait de lancer une saison du dessin, avec des échanges avec le Safran, la Maison de la Culture, On a marché sur la bulle, l’ESAD, ,,, Il faut que l’on soit dans une démarche collégiale. Les structures sont là et l’émulation est intéressante, il y a un vrai
potentiel de résonance énorme en terme d’action et de projets, ce qui n’est pas forcément mis en valeur. Il y a aussi une scène artistique qui mérite qu’on s’y attache et qu’on soit vraiment dans un rôle de promotion et d’accompagnement.

© Clément Foucard

Il y a une inauguration de prévue pour ce FRAC « nouvelle formule » ?
La réouverture du FRAC de façon symbolique c’est notre inscription dans le parcours d’art contemporain. C’était important pour nous d’y participer, de remettre le FRAC Picardie au cœur d’un réseau. L’idée est de rester dans cet esprit de camp de base, de réunir les 12 artistes qui sont dispatchés dans différents lieux, et plutôt que de chercher à montrer d’autres œuvres que celles exposées dans les autres espaces, on va montrer bien sûr des œuvres mais on va surtout montrer la dimension recherche, la dimension de projet, et montrer des travaux préparatoires, des projets passés ou à venir et se projeter dans une dynamique très riche, plus proche de l’atelier. Jouer cette
carte d’un lieu d’accompagnement. On clôturera le PAC le 16 décembre avec une thématique autour de « exposer et documenter ».

FRAC PICARDIE – 45 Rue Pointin à Amiens

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