Les chiffres et les notes

1,2,3,4 ! Roulement de tambour ! L’U.P.J.V. organise un concert le 06 mars 2020 qui allie les mathématiques et la pop.

Entretien avec Moreno Andreatta, star(ithmétique) musicale !

En avant la MIZique ! a émergé suite aux Journées d’Informatique Musicale
organisée à l’UPJV en mai 2018 (JIM 2018).
Il s’agissait d’abord de vouloir présenter les liens entre mathématiques,  
informatique et musique, à travers une conférence de type colloquium  
ou grand public que faisait Moreno Andreatta. L’organisation de la  
venue de la conférence/Concert Math’n Pop dans notre Université  
s’est ensuite étendue en semaine thématique pendant laquelle exposés  
accessibles à tous, conférences spécialisées ou ateliers pédagogiques  
sont proposés à un large public allant de l’élève du secondaire au  
doctorant. Cette manifestation complexe a pu voir le jour grâce au  
soutien de la direction de l’U.P.J.V., à l’appui des laboratoires LAMFA et  
MIS (dont sont issus les organisateurs, Jean-Paul Chehab et Florence  
Levé, par ailleurs mélomanes forcenés), ainsi qu’au concours très  
efficace de différents services de l’Université.

Comment est né Math’n’Pop ?

Math’n Pop est né de la rencontre entre un metteur en scène, Laurent  
Mandeix, et un chercheur qui souhaite rendre accessible ses recherches  
à un public de non spécialistes. Après plusieurs années d’expérience  
dans la transmission des savoirs «  mathémusicaux » sous la forme de  
conférence-concerts on a profité de l’appel du CNRS dans le cadre des  
célébrations pour les 80 ans de son existence pour proposer un projet  
de mise en scène de ce type d’intervention. Le projet d’une  
conférence-concert théâtralisée et consacrée aux rapports entre les  
mathématiques et la musique (avec un focus particulier sur ce qu’on  
appelle traditionnellement les « musiques actuelles », dont la chanson  
fait partie) a donc vu le jour sous les auspices du CNRS qui a  
labellisé ce spectacle dans le cadre des célébrations pour les 80 ans,  
ce qui nous a permis en particulier de proposer le spectacle au  
Festival Les couleurs de la science organisé par la Délégation  
CNRS de Paris-Villejuif. Le projet a été ensuite labellisé par l’INSMI  
(l’Institut national des sciences mathématiques et de leurs  
interactions) du CNRS dans le cadre de l’année des mathématiques qui  
se déroule actuellement en France. Cela nous a offert l’occasion de  
proposer notre spectacle en Coda à l’ouverture officielle de l’année  
des mathématiques en Sorbonne en octobre dernier, dans une soirée qui  
s’est tenue dans l’amphithéâtre Richelieu, organisée par le Collegium  
Musicae de Sorbonne Université. La vidéo, filmée et montée par le  
service culturel de la Faculté des Lettres de Sorbonne Université, est  
disponible sur Youtube.


Comment se sont rencontrés Moreno Andreatta et Laurent Mandeix ?

Nous nous sommes rencontrés à l’occasion du Gala pour les 60 ans du  
CAES du CNRS organisé par Laurent Mandeix au théâtre du Ranelagh de  
Paris
. A cette occasion, j’ai proposé de jouer quelques chansons inspirées par
 les mathématiques et Laurent m’a ensuite invité à accompagner les  
différents numéros présentés pendant le Gala. J’ai donc accompagné  
deux chanteuses (sur des musiques de Boris Vian et Whitney Houston)  
ainsi que l’ensemble des artistes qui se produisaient sur scène.  
C’était également l’occasion pour présenter deux de mes compositions  
(« La sera non è più la tua canzone » et « Una storia d’amore finisce  
una volta soltanto »), construites avec des techniques mathématiques  
et illustrées par la projection d’une vidéo révélant les structures  
géométriques sous-jacentes. A partir de cette soirée, on a compris  
qu’on avait des choses à partager et on a démarrer une double  
collaboration, initialement autour de « Piano Gare », une adaptation  
par Laurent Mandeix des « Pas  perdus » de Denise Bonal, pièce très  
prisée par des compagnies de théâtre d’amateurs, et à laquelle le  
metteur en scène a ajouté le piano, objet fétiche et attracteur  
étrange de la vie des gares d’aujourd’hui. A la suite de cette  
première collaboration officielle nous avons envisagé de travailler  
sur des versions théâtralisées de mes conférences-concert sur  
mathématiques/musique, ce qui a donné lieu au spectacle Math’n Pop.

C’est la pop qui est au service des mathématiques ou les mathématiques
qui sont au service de la pop pendant ce spectacle ?

C’est plutôt les maths qui sont au service de la musique (et de la pop  
en particulier), car on montre l’intérêt d’utiliser des structures et  
processus mathématiques pour enrichir l’organisation harmonique des  
chansons. Mais on essaie d’expliquer aussi comment on peut renverser  
la perspective et partir des questions posées par la musique pour  
faire avancer les maths. Ce sont les exemples de Pythagore, Mersenne  
et Euler qui nous encouragent à explorer cette voie, même si leur  
préoccupation n’était évidemment pas liées à la musique pop…

En parlant de pop… Quels artistes pop ont inspiré les compositions
d’Andreatta ?

Mes compositions sont très influencées par Paolo Conte et par ses  
reflexions sur l’espace harmonique. Certaines de ses compositions,  
comme « Madeleine », m’ont servi comme source pour explorer le  
potentiel de certains cycles harmoniques permettant de moduler dans  
toutes les tonalités. S’agissant de cycles hamiltoniens dans la  
théorie mathématique des graphes, cela a conduit à la conception d’une  
forme particulière de chanson appelée « chanson hamiltonienne ». Il  
s’agit d’un procédé que je suis en train d’explorer en ce moment dans  
une collaboration très excitante avec le musicien Arthur H.

Ce spectacle est-il accessible aux enfants ?

Le spectacle, comme nous le disons clairement en chantant, est à la  
fois pour les mélomanes avertis, fanatiques mais aussi amoureux des  
chiffres ou anti-numériques. Il est accessible à tout le monde à  
partir de 5 ans (et même avant), car tout le monde est sensible au  
charme de la musique et des formes géométriques qu’elle engendre.  
L’important ce n’est pas de tout comprendre mais de se laisser  
transporter dans un voyage loin dans l’histoire, vers la Prusse et la  
Grèce Antique, comme nous le chantons dans le spectacle sur l’air de  
la chanson « Lollipop », transformée dans l’hymne « Math’n Pop » par  
la plume savante de Laurent.

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