Richard Allen : Needle of Music

Actif depuis quelques années, Richard Allen a toujours su trouver les mots pour accompagner les mélodies chantées par sa guitare. Mais Richard Allen ne trouvait pas les mots pour parler de sa musique. C’est désormais du passé. Avec Locust Tree Lane, Allen a décidé de parler de sa musique. C’est un atout incontestable pour exister dans le paysage sonore.
Mais l’Amiénois a surtout dix atouts maîtres dans son jeu : les dix chansons de Locust Tree Lane. Produites par Kenny Ruby, ces chansons nous font quitter les sonorités folk habituelles pour nous guider vers.. quelque chose de totalement singulier. C’est ni folk sans être jazz, c’est folk et jazz à la fois.. C’est peut être les dix meilleures chansons de l’année que l’on vient de découvrir.

Between The Ashes & The Dream

Pourquoi avoir laissé passer autant de temps entre ton ancien groupe et ce nouvel album solo ?
Richard Allen : J’ai procédé comme j’ai toujours procédé, c’est à dire que rien ne va tout droit. J’ai toujours continué à écrire des chansons après la fin de Wolves & The Moons. J’ai sorti un album solo en 2015 ou 2016. Je l’ai mis sur mon Bandcamp avec une pochette… Et je ne l’ai dit à personne. Idem pour les 2 Eps qui ont suivi.

Et personne ne l’a écouté si ce n’est quelques personnes…
Tout à fait. Mais les retours que j’ai eus ont été très importants pour moi.

Il y  a un changement de paradigme pour la musique de Richard Allen. Tu souhaites plus communiquer…
J’ai commencé à travailler avec Kenny Ruby. Sur ce nouvel album, il a le rôle de producteur. Pour lui, mes chansons avaient un potentiel jazz. Je lui ai envoyé une chanson et ill me la renvoyée avec des arrangements. J’étais assez surpris car il avait rajouté des instruments et j’ai trouvé que la chanson s’était transformée. C’est comme tout… En quelques écoutes, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire. Nous avons donc continué à travailler à distance. Nous répétons ensemble depuis quelques temps. Kenny a fait intervenir Raphaël Dumont qui a joué du saxophone et de la clarinette . Et puis nous avons voulu faire intervenir un quintette à vents. Raphaël avait les contacts. Le disque s’est fait de cette manière… C’est la première fois que je travaille ainsi. Tout mon entourage m’a encouragé.
C’est une nouveauté pour moi de parler de ma musique car d’habitude, je la pose et je la laisse vivre d’elle même.

Vous avez mis combien de temps à enregistrer ce disque ?
Certains morceaux ont été écrits en 2018. J’ai mis six mois à bosser avec Kenny et après… nous avons mis 18 mois. Ce fut un long processus.

Tu a su dire “on arrête” ?
Oui, j’ai toujours su le faire. C’est pour cette raison que je publie mes chansons assez rapidement pour pouvoir passer à autre chose. J’ai d’ailleurs écrit d’autres chansons et je les travaille en ce moment avec Kenny.

Et cette pochette ?
Je me suis marié l’année dernière et nous avons distribué des appareils photos jetables.  L’artwork du disque est fait de deux photos prises par Kenny.

L’Allée des Acacias

Tu l’as réécouté récemment ton disque ?
Oui, car j’ai reçu les test pressings vinyle de l’album. Cela m’a fait du bien. Je n’avais pas écouté ces chansons depuis un petit moment. Et puis je les avais tellement entendues… Je n’avais plus aucun recul. J’étais content de les entendre.

D’où vient le titre du disque ?
Le disque porte le nom d’une chanson : Locust Tree Lane.
Cela veut dire l’Allée des Acacias. J’habite rue Gutenberg à Amiens. L’Allée des Acacias est proche de cette rue et permet d’aller sur le chemin du halage. La chanson parle de cette rue.

Quelle chanson de ton disque conseillerais-tu à quelqu’un qui ne connaît pas ta musique ?
La dernière, Between The Ashes & The Dream. Kenny ne serait pas de cet avis. Il dirait la première. Je l’aime aussi mais la dernière du disque est plus chantée. D’habitude, je suis plus sur la retenue.

L’influence de Bert Jansch semble jouer un grand rôle sur ce disque…
Ce type m’a collé à la peau pendant des années. Il y a des périodes dans sa vie. Sa guitare, ses arrangements de guitare… Tout son jeu m’a inspiré. J’ai appris certaines de ses chansons qui m’ont toutes inspirées.
J’ai commencé la guitare vers 16 ans. Mon père jouait un morceau de The Pentangle (un groupe dans lequel Bert jouait). Ce morceau s’appelle les trois danses et tu peux le trouver sur le disque Sweet Child. Mon père jouait une des trois danses. C’est plus tard que j’ai fait le rapprochement entre The Pentangle et Bert. J’ai commencé la guitare avec lui sans le savoir.


Locust Tree Lane de Richard Allen sera disponible le 27 novembre 2020 sur Bandcamp et sur toutes les plateformes musicales.

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