On connait la Jeanson

Accroupie sur la scène, au milieu des câbles, amplis et micros, perdue dans le tumulte, des sons de basse aux clameurs des terrasses, Rose Attal ne quitte pas ses songes. Jusqu’au jour où elle se laisse toucher par le réel.

L’Amiénoise Anne Jeanson est de retour avec un nouveau roman avec une nouvelle héroïne. Après les pérégrinations de Lise Berger, la romancière nous propose de suivre le destin de Rose Attal.

Entretien.

Comment est né ce nouveau livre?
Anne Jeanson : J’ai commencé l’écriture de Rue de Grâce quelques mois après la sortie de Palace, dans une volonté, sans doute, de prolonger, étirer le plus longtemps possible l’euphorie qui a suivi la parution de ce premier roman.

Ton livre met en scène une héroïne, Rose Attal. Tu peux nous en dire plus sur elle…
L’image qui va bien pour expliquer le personnage de Rose, c’est le scaphandrier. Comme lui, elle semble métaphoriquement flotter dans son équipement anti-contact, casquée dans sa solitude, hermétique, et en même temps poreuse. Elle contemple les étoiles, comme lui est en prise avec les profondeurs sous-marines. Seule la musique la sort du scaphandre, pour l’envelopper autrement.

Rose est technicienne de plateau. Rue de Grâce vit donc aux rythmes des concerts. Pourquoi avoir cadré cette histoire dans ces espaces ?
Je voulais que Rose travaille dans la musique. Et que, dans la chaîne des métiers liés à la musique, elle soit sur le terrain. Ses missions techniques, concrètes, d’équipements de scènes, manipulations des décors etc., offraient un beau contraste avec sa créativité imaginaire.

Il est question de rock dans ce livre… Quelle est ta relation à la musique ? Au rock ?
J’ai grandi dans une culture musicale plutôt classique, avant de découvrir le rock, au lycée. Le rock, et son souffle politique, engagé, orageux, sensoriel, qui m’ont bouleversée. Le rock, une matière très importante au lycée (!), qui a fécondé l’immense aventure amicale, évoquée dans Palace, dans laquelle on est encore aujourd’hui.

Rose va croiser Mackenzie. Qui est ce Mackenzie ?

C’est un personnage sans doute banal, bien que charismatique, solaire en son milieu. McKenzie, c’est la force rassurante dans laquelle Rose vient se nicher. Ils partagent beaucoup de choses, dans un lien qui se situe entre l’amitié et l’amour. J’aime bien cet interstice, logé entre ces deux sentiments, qu’on arrive jamais vraiment à nommer.

C’est un livre qui a été difficile à écrire ?
L’écriture est une zone où je vais avec prudence car écrire, c’est se perdre un peu. Néanmoins, écrire, et écrire ce roman précisément, a été jubilatoire. La difficulté (l’enjeu, plutôt) a été de décrire l’émotion qui gagne Rose quand elle découvre la musique classique. C’était pas facile de décrire ces états d’effondrement sensoriel.

Quel est ton meilleur souvenir lié à l’écriture de ce livre ? J’étais venue visiter, au tout début du projet, la régie de la Com’ de Pic’. (merci Seb) Rapidement démotivée devant la complexité technique des consoles et tables de mixages, la fébrilité grandissante de mon interlocuteur, à mesure qu’approchait l’heure du spectacle, mêlée à celle du public qui commençait à s’installer, m’ont finalement convaincue que les coulisses du spectacle vivant était un super thème.

Amiens au top (5)


1 – Ta rue amiénoise préférée ?
Je ne peux que citer la rue de Grâce, dont j’ai su l’existence… après avoir trouvé le titre.

2 – Le détail dans Amiens que tu es la seule à voir et/ou à aimer ?
Je sèche!

3 – Ton souvenir préféré de concert à Amiens ?
J’ai un souvenir sympa d’un concert d’Albin de la Simone, à la Lune, dans une chaleur (et chaleur humaine) caniculaire, où l’on a découvert de nombreux torses nus quand les lumières se sont rallumées.

4- La chanson qui symbolise Amiens ?
Je réponds un peu à côté, mais quand j’observe (hors Covid) les rues centrales (trois cailloux, Gambetta, René Goblet) remplies de jeunes, ça me donne envie d’écouter les Zebda.

5- Un Amiénois (connu ou non) qui devrait écrire un livre ?

Thomas Devred.

Rue de Grâce d’Anne Jeanson est disponible chez L’Harmattan dans la collection Rue des Écoles.
Ce roman est évidemment disponible dans toutes les bonnes librairies amiénoises.

L’illustration en une est signée Simon Lenel.

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